La Marche de l'eau

Du Gange au Baïkal

Nicolas Marchand & Laure Mabileau - A pied à la rencontre des Hommes

Chroniques de voyage ... Inde
Septembre - Octobre 2009

L’emblème de l’Inde

Après avoir passé deux jours à écouter et suivre Rakesh sur les rives du Gange, nous sommes arrivés à Agra, la ville emblématique de l’Inde, le mardi 15 vers 7h30 du matin. A peine sortis du train, et déjà accostés par un homme voulant nous vendre un prepaid taxi et nous suivant en grand espion caché derrière son journal. Il nous suivra jusqu’à la sortie. A quelques mètres de la se tiennent des dizaines d’auto-rickshaws. Nous proposons 40 Rps pour notre trajet vers le Taj Mahal, et c’est Samy qui emporte la marche. Au bout de quelques minutes, il nous sort deux carnets remplis de commentaires – en toutes les langues - plus qu’élogieux sur ses services, dans le but de nous vendre une journée à nous faire faire le tour de la ville. Mais on a lu le routard, nous, et on ne se fait plus avoir !!! On se rend à notre hôtel, après en avoir visité deux, et s’être fait suivre par un propriétaire qui voulait absolument qu’on visite le sien. Le portique passe, et là, majestueux, un petit jardin s’offre à nos yeux, et, du calme. Pas de bruits, pas de klaxons –ou si peu-, juste du calme et à seulement deux pas du Taj Mahal.
Le quartier du Taj Mahal nous étonne par sa simplicité indienne. On ne se douterait pas que le grand monument se cache de l’autre côté de la rue. Plus tard, dans l’après-midi, nous sortons faire une balade. Un homme nous accoste pour nous vendre au black des billets pour le Taj Mahal : « Very low, the cheapest ». On n’en veut pas. Il nous suit et n’arrête pas sur une centaine de mètres. Nico commence à s’énerver, et on finit par le semer au détour d’une rue, l’ayant laissé prendre les devants. Deux kilomètres plus loin, nous atteignons le Fort Rouge dont nous faisons le tour. Impressionnante forteresse construite dans un grès rouge, dont la finesse des traits se perd dans l’immensité du bâtiment. Nous repartons, harcelés, comme à l’aller par une armée de rickshaws, en tentant vainement de régler notre podomètre avant le début de la marche. Il faudra refaire des essais.

Le lendemain, réveil quelque peu tardif pour le lever du soleil sur le Taj Mahal. Nous prenons donc un bus pour Fathepur Sikri, citadelle fantôme à 38 kilomètres de là. Arrivés dans la ville, on nous emmène sur les hauteurs. Nous atteignons la porte de la grande mosquée par toute une série de petites ruelles où jouent de petits enfants, nus pour la plupart. « Vous devez quitter vos chaussures, laissez-les là. Pour 5 Rps, on les surveille. » Pas question. Des chaussures à 12000 – 13000 Rps et qui plus est faites à nos pieds, surveillées pour 5 Rps!! On tasse nos sacs et on les garde avec nous. Sous les arcades entourant l’immense cour pavée de rouge au milieu de laquelle trône le tombeau de marbre blanc de Sheikh Salim Chishti, s’enchaînent les étals pour touristes et les appels au shampoo et hennés. Après avoir refusé plusieurs guides, un petit garçon de 7-8ans vient nous faire une visite qu’il nous assure gratuite: il apprend le métier. Il bredouille déjà tout de même 8 langues. Français, Anglais, Allemand, Italien, Espagnol, Coréen, Japonais et Polonais. Impressionnant. On en ressortira insulté pour ne pas lui avoir acheté de cartes postales. La journée se terminera par la visite du Palais, où l’empereur vivait avec trois femmes de religions différentes : musulmane, chrétienne et hindoue. Ces trois religions inspireront l’architecture du palais qui compte ainsi plusieurs influences. S’en suit la découverte d’un vestige de caravansérail, grande cour cernée par deux étages de « chambres », où s’arrêtaient pour la nuit les commerçants au long cours. Après avoir lu leurs descriptions dans les livres de Bernard Ollivier, Laure est ébahie d’en avoir un sous ses propres yeux. Le retour sera quelque peu rocambolesque, avec une panne de bus à mi-chemin, nous forçant à en changer.

5h15. Le réveil sonne. Ce matin, ce sera lever de soleil sur le Taj Mahal. Après avoir eu confirmation avant-hier par les gardes que l’ont pouvait acheter un billet à l’entrée, nous nous y rendons avant l’ouverture des portes. Il fait déjà plus de 30 degré C. Les règles semblent avoir changé: on nous explique qu’on ne peut acheter les billets qu’à 1 km de là … Pas facile de rentrer au Taj Mahal. Il nous faudra un aller-retour et trois passages de sécurité -les mêmes- parce qu’ils trouvaient toujours de nouveaux objets interdits. Des connectiques photo à l’IPOD, en passant par le dictionnaire d’anglais, autorisé de justesse. Nous arrivons devant une grande porte sublime après avoir marché sur des allées perpendiculaires reliant les entrées Est, Sud et Ouest de l’enceinte. Derrière cette porte faite du même grès rouge que le fort, se dessine peu à peu le Taj jusqu’alors caché à nos yeux. On a alors devant nous, la carte postale cliché du Taj Mahal se reflétant dans les bassins le prolongeant au soleil encore levant. Blanc, grandiose et hors du temps, le Taj Mahal est impressionnant et d’une symétrie parfaite, sur lequel se profilent des écritures d’un style arabo-persan.