La Marche de l'eau

Du Gange au Baïkal

Nicolas Marchand & Laure Mabileau - A pied à la rencontre des Hommes

Chroniques de voyage ... Inde
Septembre - Octobre 2009

Kathmandu

Autour d’un plat de chowning, nous écoutons la conversation de deux hommes. Séparés par une table, chacun à la sienne, ils échangent sur leur voyage. Le plus âgé est un habitué de Katmandou, il revient ici tous les ans - tant que possible - depuis 1979. Ayant bien repéré nos oreilles attentives, il nous décrit à tous la ville qu’il a connu : une ville avec seulement quatre hôtels dans un quartier à touristes qui en est aujourd’hui bondé, une ville sans voiture, une ville entourée de campagne. Bref, un gros village … Pas une ville. On est loin de la capitale aux rues bondées de voitures et mobylettes crachant leur gaz d’échappement formant le nuage de pollution couvrant la ville. Il est pourtant toujours agréable de se perdre dans les ruelles de la capitale. Embrumée d’encens s’échappant des échoppes, elles ne sont pas très large et les étales des marchands pas moins nombreuses pour autant. Un peu moins de place pour la circulation ou véhicules et piétons partagent la même route. L’attention est maximale pour ne pas se faire écraser par une roue ou un pied perdu. Au détour des rues, on découvre toujours un temple, plus ou moins grand, jusqu’ à finalement atteindre Dubar Square où les anciennes bâtisses se concentrent, majestueuses, dressé sur leur hôtel de pierre. On est transporté dans un autre temple. Ce qu’on osait à peine rêver de voir : les toits aux pointes retournées, dessinés sur plusieurs étages soutenus par des poutres sculptées  d’une précision remarquable. La religion est présente partout dans la ville et la foi des népalais palpable. Pas une rue sans statue. Teintée un peu plus de rouge par les mains qui se posent sur elles à chaque prière qu’elles reçoivent, les statues s’usent. A leurs abords, on croise de nombreuses vieilles femmes, assiette ou boite à la main, remplie de fleurs, grain de riz et poudre rouge qui font le tour des petites statues de leur quartier. Kathmandu est construite par quartier : quartier des ambassades, quartier à touriste ( Thamel) , quartier des abattoirs , quartier des boucheries, quartier des légumes. Les gens semblent s’accorder par rue pour vendre la même chose. Ici  , nous prenons nos habitudes dès les premiers jours : smooties en bas de l’hôtel, frite au café Almond , Vég.Chowning au troisieme étage d’un  bâtiment de thamel - où les cafards sont rois - et bien sûr le DalBath dans le petit restaurant d’Urmita qui nous a ouvert les portes de sa cuisine pour nous faire découvrir les secrets de fabrication de notre plat préféré. Nous profitons peu de notre séjour à Kathmandu pris par le casse tête chinois pour notre passage au Tibet. Nous sommes renvoyés d’agence en ambassade de Chine, Nicolas ayant pourtant fait l’effort de raccourcir sa barbe afin de se rendre présentable. Les scénarii évoluent très vite jusqu’à la difficile décision de ne pas se rendre au Tibet. Nous reportons nos envies vers l’Ouest du Sichuan, géographiquement et culturellement tibétain. Pour ça, pas d’autres choix que l’avion que nous aurions aimé éviter. Les jours passent, mais nous ne voulons pas partir sans avoir fait le reste de route qui nous sépare du Tibet, symboliquement.