Le voyageur

Nicolas Marchand - A pied à la rencontre des Hommes

Je m'appelle Nicolas Marchand, et ne sais trop comment me définir. J'ai 32 ans. Je suis un mélange de beaucoup de choses mais rien de bien précis à la fois. Petit voyageur qui se laisse à sa maigre plume de temps à autre, chercheur, encore et toujours a me chercher, ne sachant trop quand me trouver, …
J'écris, je photographie, je vis. Depuis quelques années, je partage mon temps entre la France et le Québec, où je viens termine mes études. Le Québec et ses grands espaces qui permettent de palier à une sédentarité trop commune. Canot, rando, ski, raquettes. On ne s'ennuie pas au Québec. Mais comment suis-je arrivéau pays du "Maudit français"?
Excellente question ... Après mon bac, je me suis orienté vers la Médecine, sans grande conviction, mais mes amis y allaient, mon père était un médecin raté (non pas un mauvais médecin, mais un homme qui bien que passionné par son métier de professeur d'allemand s'est toujours dit "j'aurai aimé ça faire médecine"), alors ... on y va! Ce n'est pas passé loin - numérus closus, QCM absurdes, et des examens à dormir debout, mais ... j'aimais ça! -. Direction la fac de bio ... mais que faire quand dans la première session de cours on t'apprends que 70% de ce que tu vas étudier pendant les trois prochaines années, tu l'as déjà étudié ... deux fois ... en quatre mois ... quand t'étais un bourreau de travail 12h par jour derrière ton bureau en médecine? Direction la géologie et l'environnement où j'obtiens ma licence et rencontre Laure, avec qui je partagerai les 7 prochaines années de ma vie, avec qui nous décidons, un après midi d'été, en observant un globe, de partir traverser l'Asie à pieds l'année suivante. "Tu veux aller en Mongolie? Bah moi je veux voir l'Himalaya ..." Plutôt simple en fait, il suffit de tirer un trait entre les deux ... et un voyage naît.
Seulement la santé s'en mêle et nous annulons trois mois avant le départ. Direction Grenoble pour commencer des Masters. La première année du moins, parce que le voyage trotte toujours dans nos têtes, tous ces rêves, toute cette énergie. Les médecins donnent leur accord, on part ... J'ai 24 ans. 10 mois de bonheur, 10 mois intenses, 10 mois de rêves, 10 mois qui nous ouvrent les yeux sur un autre, une autre, les autres, sur nous, sur notre monde, sur ce qu'on en fait, sur sa beauté et notre nature. 10 mois à travers les peuples, à partager ces instants de vie que chaque rencontre se conte peut-être encore. Des centaines de milliers de pas imprégnés du souvenir lancinant des joies et peurs moribondes ; des effluves et senteurs d'épices chassant la puanteur de la rue passée ; de ces femmes douces et belles envers lesquelles un regard suffit à refaire sa vie ; de cette pauvreté qui ouvre les yeux sur les restes d'une éducation occidentale « colonialiste », corporatiste, qui nous anime. Misère et pauvreté, une nuance radicale qui m'échappait jusqu'alors. Et la connerie humaine, universelle. Indiens, népalais, tibétains, chinois, mongols, russes, français, ils la connaissent la connerie humaine, l'avarice, certains, pas tous, fort heureusement.
Retour à Grenoble pour la deuxième année de Master, puis ... doctorat. L'arrivée au Québec. Et qui dit Québec dit froid, randonnées en raquettes, expéditions à ski, camping d'hiver à dormir dans des trous creusés dans la neige par -30°C, mais aussi chaud l'été. Et de l'eau. De l'eau partout. Alors on en profite, et on part en expédition en canot. On traverse des lacs, on porte les canots, et on descend des rivières.

Et maintenant, il est temps de repartir ...